Bigeard Le Film

Contribution publique à un projet de film long métrage sur la vie et l'oeuvre du Général Marcel Bigeard
 
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 Ses derniers instants racontés par un témoin

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Didier
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Messages : 594

MessageSujet: Ses derniers instants racontés par un témoin   Mer 11 Jan - 12:14

http://www.ladepeche.fr/article/2011/06/18/1109637-ce-castrais-qui-etait-au-chevet-de-bigeard.html

Hasard ? Peut-être pas … Le 18 juin, alors que la France commémorait l'Appel de son illustre Général, s'éteignait un autre général, qui avait d'ores et déjà inscrit son nom sur un page de l'Histoire nationale : Marcel Bigeard, né le 14 février 1916 à Toul et mort le 18 juin 2010 dans la même ville. Un homme, un seul, a assisté aux derniers instants et au dernier souffle du général. Il s'agit d'un parachutiste castrais. Pour la première fois il a accepté de témoigner. Il s'agit du caporal-chef Yannick Gasperoni.

Dans quelles circonstances vous êtes-vous retrouvé au chevet du général ?

L'Armée de terre a souhaité un soutien moral pour accompagner le général, en l'occurrence la présence permanente d'un para auprès de lui. Un appel à volontariat a été lancé. J'ai fait acte de candidature. Au sein du « 8 », deux ont été retenus : moi-même et le caporal-chef Escriva. Je suis arrivé le 11 juin à l'hôpital de Toul pour prendre le relais du caporal-chef Escriva. Dès le lendemain, le général était transféré à son domicile. J'étais logé très près, au 516 RT. J'arrivais à 7 h 30 avec le journal du général «L'Est Républicain. Je déjeunais de 12 à 13 heures. Je repartais vers 20 heures.

Ses derniers instants ?

Il est donc décédé le 18 juin à 10 h 30 précisément. Mais, tout a commencé vers 5 heures. Une veilleuse de nuit me relayait à son chevet vers 20 heures. Au matin du 18, elle m'a téléphoné pour m'annoncer que le général n'allait pas très bien. À mon arrivée, je constate que le général est en détresse respiratoire ; il fait des apnées de 10 à 20 secondes. Le médecin de garde arrive à son tour vers 6 h 50. Il le met immédiatement sous assistance respiratoire. Il s'apaise. Puis, nous nous retrouvons seuls à nouveau dans la maison : Gaby, son épouse âgée de 92 ans, son chauffeur et moi-même.

Et là tout se complique ?

Pas tout de suite. En fait, le général allant mieux, son épouse a souhaité faire quelques courses avec le chauffeur. Vers 10 h 15, l'auxilliaire sanitaire est arrivée, comme tous les jours. La chambre était à l'étage de la maison. Nous allions commencer à le raser lorsqu'elle s'est aperçue qu'elle avait oublié quelque chose dans la voiture ; elle est donc redescendue. C'est là alors que le général a poussé une grande apnée très bruyante à travers le masque. Puis, il a repris sa respiration. Son regard est devenu vide, ses yeux blancs… J'ai compris. Effectivement, il n'avait plus de pouls. Son dernier souffle c'était produit… sans un mot. J'ai appliqué la procédure prévue : j'ai alors averti le chauffeur du général, sa fille Marie-France, les autorités militaires… le médecin de famille. J'ai veillé le corps durant deux jours.

Auparavant, vous étiez là toute la journée ?

L'après-midi du 17, il avait reçu son éditeur. Ils s'étaient entretenus durant plus de 2 heures et l'éditeur l'avait même trouvé en forme. Ce jour-là également, il m'avait parlé du match de football de l'équipe de France qu'il avait regardé à la télé… Il était en colère contre les joueurs ; il fallait que l'équipe soit au top… comme ses hommes.

Que vous racontait-il?

Il parlait tout le temps. Très peu de lui. Souvent de ses hommes, ses camarades. Je l'écoutais. Je buvais ses paroles. Il racontait sa carrière, ce qu'il avait vu. Je n'ai évidemment jamais osé poser la moindre question.

(c) La Dépêche
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